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Victimes innocentes de la crise, ayant eu à faire face à des revers sur les fronts du commerce extérieur, de flux de capitaux et de transferts, les pays Africains ont perdu beaucoup d’emplois et ont subi une baisse de taux de croissance et une réduction du revenu par tête. Heureusement les signes de la reprise qui ont déjà apparu permettent de garder un certain optimisme.
Si les pays africains ont pu faire face à une situation critique c’est surtout grâce aux politiques économiques avisées mises en œuvre bien avant la crise : consolidation budgétaires, réduction de la dette, contrôle de l’inflation, accumulation des réserves. Cela leur a permis d’intervenir avec une politique fiscale appropriée pour contrer la crise, avec l’aide des institutions internationales. Cependant, la reprise est instable et les économies africaines ont encore besoin d’un support budgétaire et financier. Il y a lieu de consolider les institutions, de développer les capacités et d’établir des politiques saines et solides.
Les pays Africains demeurent très vulnérables aux divers chocs : fluctuations des prix, catastrophes naturels, instabilité régionale, flux des capitaux, transferts, etc. Il leur faut renforcer leur résistance à ces bouleversements, retrouver une croissance robuste et renforcer la protection sociale. D’après Dominique Strauss-Kahn, du FMI, ce qui pourrait donner à l’Afrique les meilleurs atouts pour relever ce grand défi, c’est une approche innovante en matière de gestion économique, par exemple des conditions de remboursement flexible, une assurance pour des zones sinistrés, des instruments de couverture (hedging) pour l’Etat.
Cela présuppose un appareil de production dynamique, des entreprises performantes et compétitives. Dans l’ordre actuel de l’économie mondiale, dominé par un libéralisme débridé et dogmatique, l’Afrique a beaucoup de mal à rivaliser avec les grands pays en développement qui en retirent les plus grands bénéfices. L’Afrique aura besoin pour longtemps encore du support des institutions internationales pour retrouver un taux de croissance élevé et améliorer le niveau de vie de la population.
Hamid Jhumka Manager Economic Analysis and Industry Division |